Projet Mac Derome

 

Démarche artistique et principes de l’oeuvre

Synergie et les mots
Né d’un désir de présenter des oeuvres d’art dans des contextes publics, le plus possible hors des lieux traditionnels de présentation (galeries, musées), le pari était et reste de réinsérer l’art au sein des occupations quotidiennes de nos contemporains.

Dans cet esprit, le projet Synergie implique de maintenir un équilibre, depuis maintenant 5 ans, entre la diffusion d'oeuvres dans les événements de type "raves" et de nombreuses collaborations avec des artistes du monde de la danse, du théâtre, de la musique, des arts contemporains et des médias.

Dès les débuts du groupe, nous avons cherché à intégrer le texte au sein de l’expérience multi-sensorielle que constituent plusieurs des événements auxquels Synergie participe. Le défi était de taille si l’on considère l’intensité de l’ensemble des stimulants visuels et auditifs avec lesquels le texte doit s’intégrer lors de tels événements.

D’un groupe formé à l’origine de Jimmy Lakatos, Yves Labelle et moi-même, Synergie s’est transformé en projet d’artiste multimédia.

Ces deux dernières années, j’ai pris à ma charge le fonctionnement et la plupart des activités de réalisation de ce projet, en m’inspirant de la vision initiale véhiculée par le groupe.

Démarche personnelle
Depuis les débuts de cette prise en charge, le projet a continué d’impliquer un grand nombre de collaborateurs venant de tous les horizons, dans la philosophie d’inter-pollination qui est au centre du principe de la synergie, telle que mise en pratique dans ce projet. Ce concept est d’ailleurs emprunté au respecté scientifique et philosophe américain: M. Buckminster Fuller qui prédit que l’assemblage de certains systèmes, selon des arrangements précis, provoque des résultats dont la somme n’était pas prévisible au stade initial par le comportement de chacun des éléments pris individuellement, ou, selon le Petit Robert, l’“action coordonnée de plusieurs organes, association de plusieurs facteurs qui concourent à une action, à un effet unique”.

Lors de ces collaborations, j’ai été amené à développer une expertise au niveau du de l'utilisation du texte, dans le cadre de performances et de présentations multimédia. On a, entre autres, pu voir certaines de ces réalisations lors des pièces de théâtre Oestrus du groupe Momentum et Poor Superman au Théâtre de Quatre Sous.

J’ai aussi travaillé avec quelques artistes en danse contemporaine tels que la troupe The House of Pride, Mariko Tanabe, Dominique Porte, Josée Tremblay et plusieurs autres.

Il m’a aussi été donné l’occasion de faire des conférences sur le sujet, à l’invitation du département de français du C.É.G.E.P. du Vieux Montréal.

Des études en arts à l’Université de Montréal, avec le sculpteur Pierre Granche, m’ont permis de redécouvrir mes “outils” de production artistiques sous un nouveau jour.

Cette expérience m’a ainsi permi de découvrir un nouvel aspect du travail de l’artiste, celui du concepteur d’outils. Pas nécessairement dans le sens d’un artisan pour qui il s’agit d’une occupation quotidienne, mais bien dans le but de résoudre un problème précis rencontré dans la pratique, ou parfois, dans la réalisation d’une oeuvre en particulier.

Plus fascinant encore est le fait que ces outils nous survivent et peuvent dépasser le cadre de notre propre pratique, pour rendre des services comparables à d’autres.

C’est pourquoi le logiciel macDerome découle aussi d’un intérêt personel pour le développement d’outils informatiques et pour leur ergonomie, dans le but de faciliter la spontanéité des interactions avec la matière, dans ce cas, le texte, ce qui en général, a pour conséquence d’encourager une exploration créatrice de celle-ci.

Outre sa fonction originale, il est aussi intéressant de questionner au passage la supposée neutralité de contenu de ces-dits outils.

Le besoin de nouveaux outils pour pousser cette recherche plus avant
Chaque collaboration artistique implique un travail avec différents logiciels existants. Hors, il arrive souvent que ceux-ci ne soient pas assez flexibles, rapides ou qu’ils n’intègrent tout simplement pas les caractéristiques recherchées, comme la possibilité de travailler en réseau.

Dans le cas qui nous préoccupe, les membres originaux du groupe Synergie étaient particulièrement friands de poésie et de littérature, nous nous sommes rapidement heurté à un problème concret dans le cadre de nos performances, qui à l’époque critiquaient entre autres, l’influence des médias.

Nous avions besoin d’outils qui nous permettaient d’intégrer l’univers de l’écrit au reste de nos performances musicales et vidéo.

Comme Marshall MacLuhan l’avait prédit bien des années auparavant, c’est en détournant une technologie existante que nous sommes arrivé à nos fins. L’interface primitive d’un logiciel de sauvegarde d’écran nous permi d’improviser rapidement de courts messages, poèmes et commentaires, puis de “remixer” en direct le signal résultant au reste de nos sources vidéo. Cette découverte essentielle, déclencha le reste du projet macDerome.

Le reste de l’historique des expériences et prototypes qui ont succédé à cette découverte initiale est documenté en détail dans “Historique des versions antérieures”, que vous trouverez dans les pages suivantes.

Le nom du logiciel provient de Bernard Derome, célèbre lecteur de nouvelles “radio-canadien”. Il se veut un clin-d’oeil à ce personnage de l’inconscient collectif Québécois, sinon Canadien. Sa réputée neutralité et le fait qu’il soit de fait un outil de l’appareil d’information canadien, en font aussi un personnage incontournable de mon infosphère personnelle et un ambassadeur idéal, par correspondance à certains des principes qui sous-tendent mon logiciel.

La programmation
MacDerome est un logiciel un peu spécial car il a été construit sur mesure, par ajout de fonctions selon les besoins, au fur et à mesure des performances où il a été utilisé. Chacune de ces performances est un banc d’essai pour les fonctions intégrées à la suite des besoins constatés lors de performances précédentes. Les utilisations concrètes de macDerome lors d’événements constituent pour moi des preuves de passage des concepts et technologies employés. C’est alors l’occasion “d’inaugurer” des oeuvres incluant les nouveaux processus et fonctions du logiciel qui, rappelons-le, sont en général développés pour répondre à des besoins spécifiques rencontrés lors de la production de mes propres travaux et parfois, de ceux d’autres artistes, comme vous pourrez le constater plus loin.

C’est aussi une façon “créative” et adaptive de développer un logiciel qui s’assimile plus à la construction d’une installation ou d’une sculpture (voir lettre de référence de M. Alain Bergeron en annexe), qu’au développement très structuré d’un logiciel commercial, dont la majorité des fonctions sont établies bien avant le développement, au moyen d’ordinogrammes et de listes de spécifications. Le même souci d’interaction créative est apporté à l’interface même, qui va au-delà des fonctions utilitaires d’un logiciel conventionel.

Plus le développement d’un outil s’avère une entreprise complexe et laborieuse, plus il m’apparaît pertinent que celui-ci soit réutilisable dans d’autres projets ou par d’autres artistes, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un logiciel, distribuable rapidement et presque gratuitement aux quatres coins de la planète. C’est pourquoi, depuis ses débuts, le projet MacDerome sert aussi à explorer les différents canaux de distribution numérique. Des tentatives de distribution via le site Web de Synergie ont donc déjà été entreprises. Il nous est cependant rapidement apparu que sans un passage de ce logiciel, du stade de “prototype” à celui de “copie de distribution”, il deviendrait rapidement impossible d’assurer un support quelconque aux artistes qui choisiraient de l’utiliser.

À ce jour, deux bourses du Conseil des Arts et Lettres du Québec et une bourse du Conseil des Arts du Canada m’ont permis d’avancer le projet jusqu’à la version intitulée macDerome ß.3.0.

En plus de démontrer la faisabilité et l’utilité d’un tel programme, ces étapes ont permis de développer des prototypes plus ou moins opérationnels que j’ai testés dans certaines de mes performances expérimentales. Certains éléments du matériel visuel joints à cette demande montrent d’ailleurs le logiciel, tel qu’utilisé lors d’un événement qui a attiré plus de 20 000 personnes. MacDerome était alors utilisé par M. Jean-Hugue Roy, collaborateur régulier et parrain officieux du logiciel. M. Roy est en effet le premier candidat à avoir essayé chacune des versions.

Le fait que ses reportages lui aient déjà valu de nombreux prix journalistiques et littéraires est en soi une qualité importante pour la personne qui désire tester ce logiciel en profondeur. M. Roy est aussi un testeur émérite, très familier avec l’interface de la plupart des logiciels sur le marché, pour les avoir testés dans le cadre des ses fonctions à l’émission “Branché”. J’ajouterai, pour ceux qui ne sont pas nécessairement familiers avec cette émission, qu’elle est présentée hebdomadairement par la chaîne d’État et vise justement à passer en revue l’ensemble des différents produits et services reliés aux technologies numériques.

La présente demande vise donc la consolidation du fragile prototype de ce logiciel, dans le bu de le transformer en outil plus “robuste”. Cette seule caractéristique le rendra accesible à d’autres utilisateurs avec un minimum d’efforts nécéssaire à l’apprentissage.

Recherche et réalisation entre Montréal et Marseille
Plusieurs centres européens offrent des ressources multidisciplinaires et technologiques aux artistes en visite. Cependant, peu offrent une combinaison d’axe de développement, combiné à une apprbvoche transdisciplinaire telle que proposée par le CYPRES.
Leur site web détaille d’ailleurs très bien les principaux axes de leur exploration qui correspondent presquent point pour point avec mes propres intérets. La résidence à ce centre s’est d’ailleurs avéré des plus productives à tous les points de vue, et c’est pourquoi nous comptons bien retourner la-bas pour y continuer le développement du logiciel. Une activité qui constitue aussi une excellent occasion de faire rayonner la culture canadienne dans le monde, en plus de favoriser les échanges de savoir technologiques et culturels.

De plus, le centre se trouve à proximité de Sofia Antipolis. Cette technopole (une des rares digne de ce nom en Europe) offre de nombreuses ressources spécialisées en informatique et regroupe plusieurs sièges sociaux et centres de recherche d’importantes entreprises technologiques.

La version prototype macDerome V.b.3.0 est la preuve tangible que mon séjour au CYPRES, a permi de finaliser une étape cruciale du développement de mon logiciel, hors du milieu montréalais où il est parfois difficile de trouver la paix et la concentration nécessaire au développement de programmes informatiques. Mais surtout, j’ai pu y établir des contacts qui supportent aujourd’hui mon projet et m’offrent, outre un métissage culturel bienvenu, un ensemble complet de ressources, autant pour la partie recherche que pour la partie réalisation de mon projet.

Événement de présentation du logiciel
Finalement, au chapitre de la diffusion, j’ai pu constater de que fortes ressemblances unissaient nos deux communuatés et il m’est apparu évident que certains artistes locaux, avec qui il m’arrive souvent de travailler, ne pourraient que bénéficier d’une exposition à cet environnement de création et de production très particulier.

Historique des versions antérieures

macDerome V.ß.1.0

La version initiale de MacDerome s’est inspirée d’expérimentations avec un simple logiciel de sauvegarde d’écran d’ordinateur. Celui-ci permettait d’écrire du texte et de le faire défiler sur une sortie auxiliaire vidéo d’un ordinateur Macintosh. Cette “source vidéo” était ensuite intégrée aux autres (magnétoscopes, caméras, etc.) à l’aide d’un mélangeur vidéo, puis projetée sur les écrans. Le résultat étant ce qu’il est maintenant convenu d’appeler un “scratch-vidéo”, bien que plusieurs autres utilisations en ont aussi été faites.
Comme il était difficile d’ajuster constamment la taille du texte composé dans le séquenceur, en fonction de la taille et de la forme de l’écran de projection, j’entrepris donc de voir s’il était possible de développer un logiciel qui résoudrait ce problème.

Les logiciels multimédias tels Macromind Director™ furent rapidement écartés à cause de leur manque de stabilité et de rapidité. C’est alors que j’ai découvert un langage de programmation nommé FutureBASIC™ qui me permettait de développer une application Mac, en BASIC, un langage que je connaissais dejà bien. La compilation du code écrit dans cet environnement de programmation rendait les temps d’exécution comparable à ceux du C++. L’évolution de ce langage dans une forme procédurale le rapprochait aussi de la flexibilité et de la fiabilité du Pascal.

En tant que spécialiste de la plateforme Macintosh, je réussis à programmer rapidement une première version, une ébauche de macDerome v.ß.1.0. La première caractéristique du logiciel fut donc d’analyser les textes entrés à même l’interface (sur un moniteur auxiliaire) puis, à l’aide d’une routine complexe, d’optimiser automatiquement la taille de celui-ci en fonction des caractéristiques de la surface de projection, telles que déterminées au démarrage par l’utilisateur.

À ma connaissance, aucun autre logiciel ne dispose d’une telle fonction. Celle-ci compte à elle seule, pour une grande partie de la rapidité et de la flexibilité d’utilisation de macDerome.

Une bourse du Conseil des Arts et Lettres du Québec m’a été accordée à ce point pour le développement de la version ß1.0. Celle-ci a vu le jour en février 97, après 6 mois de programmation.

Cette version fut alors mise à disposition comme partagiciel, sur le site Web de Synergie (http://www.synergie.org).

Grâce à cette “esquisse” et aux expériences de diffusion du groupe, d’autres possibilités du logiciel sont rapidement apparues.

Par un séquençage des phrases et leur découpage en mots ou en lettres, ainsi que par le contrôle de la vitesse de défilement, il devenait possible d’ajouter la notion de cinétique au sens littéraire du texte affiché à l’écran. Un processus similaire à l’expérience du décodage du texte imprimé, tel qu’effectué par le cerveau. Phénomène qui fut subséquemment observé plus en profondeur par différents artistes et chercheurs, tel M. Olivier Sorrentino, à l’Université du Québec à Montréal.

Par le contrôle des différents attributs du texte (police et tailles des caractères, couleur de fond et de texte, alignement vertical et horizontal, modes de copies, etc...), il devenait aussi possible de travailler en temps réel sur l’aspect graphique du texte.

MacDerome devint une sorte de programme de mise en pages dynamique, dont le paramétrage des différents attributs pouvait se faire en temps réel et surtout, en relation cinétique ou rythmique avec son contexte de présentation.

macDerome V.ß.2.0

L’utilisation de MacDerome lors de la pièce de théâtre Oestrus, de la troupe Momentum, a permis de raffiner le logiciel plus avant. Il devint ainsi possible de contrôler plus finement chacun des paramètres, pour chacune des phrases entrées dans le séquenceur.

Cette version permettait aussi d’outrepasser les paramètres individuels de chaque séquence. Cette fonction met à la disposition de l’utilisateur des moyens globaux de composition rapide et d’improvisation qui s'avèrent très utiles lors de performance “en direct” . Grâce à ces nouvelles fonctions, il devenait ainsi possible de “jouer du texte” tel un instrument musical joue des notes et des accords.

Cette étape a aussi permis de réaliser le prototype de la version ß.2.0 de MacDerome qui a nécessité plus de 1000 heures de programmation. Elle contenait plus de 10 000 lignes de code écrit en FutureBASIC™.

Développement des capacités TCP/IP de macDerome et résidence au CYPRES (Centre Interculturel de Pratiques Recherches et Echanges Transdisciplinaires) de Marseille, France.

Une demande de bourse a été présentée à l’automne 98 pour ajouter une composante essentielle à la version existante.

L’occupation de régisseur/performeur lors de plusieurs spectacles étant déja suffisamment complexe, il m’était presque impossible de composer en direct un texte inspiré, tout en essayant de contrôler simultanément les paramètres cinétiques et esthétiques du texte.

L’ajout de capacités réseau à macDerome devait donc permettre à l’utilisateur principal de porter son attention la où elle est la plus utile, tout en permettant à un apport littéraire provenant d’un ou de plusieurs collaborateurs.

Baptisé macDerome v.ß.3.0. Cette nouvelle version du logiciel a été développée lors d’une résidence d’une durée de 4 mois et demi (de février à juin 2000) au centre CYPRES.

Cette résidence m’a permis de développer une toute nouvelle version de macDerome, basée sur les principes ayant fait leurs preuves dans les versions antérieures, mais avec un code entièrement réécrit dans le but de tirer profit de plusieurs nouvelles fonctions.

Comme le langage FutureBASIC™ ne permettait plus de développer efficacement les nouveaux modules nécessaires et apportait toutes sortes de nouvelles contraintes, l’élaboration de ces modules, représentait en fait:
- la réécriture entière du code principal du logiciel en REALbasic™: une nouvelle forme plus évoluée et plus rapide du langage BASIC, que celle employée par FutureBASIC™. Ce transfert d’un environnement de programmation à un autre, ne permettant pas de réutiliser l’ancien code, REALbasic™ présentait tout de même le plus grand avantage d’employer une structure orientée objet, ce qui m’a permis de développer des modules et des classes basées sur les principes qui avaient déjà fait leurs preuves dans les versions antérieures,
- l’implémentation de 5 protocoles de transmission numérique de l’information: TCP/ip, AppleShare, AppleEvents et des modules eMail incorporant des clients POP3 et SMTP,
- la création dans le même langage de programmation d’une nouvelle application/client destinée aux collaborateurs et nommée “Nouvelles du Front v.ß1.0”.

En tout, plus de 500 heures de programmation ont déjà été réalisées dans ce centre spécialisé, où il nous a aussi été possible d’établir de nombreux contacts avec différents partenaires potentiels.

De façon tout a fait anecdotique, mais tout de même reliée, mon utilisation tellement intense des capacités de cet environnement de programmation durant mon séjour là-bas, m’a valu de figurer au générique ce logiciel américain, dans le menu “À propos de REALbasic™”, sous la rubrique “special thanks” :)

Grâce a ce projet une toute nouvelle version prototype de macDerome a vu le jour en juin dernier. Celle-ci permet a des utilisateurs situés sur un réseau local (LAN) ou à distance (comme sur l’internet), de collaborer, en temps réel et de façon collaborative à l’élaboration du texte présenté.

L’interface du logiciel a aussi été entièrement redessinée de façon à permettre une meilleure ergonomie et à intégrer harmonieusement une centaine de nouvelles fonctions et procédures au reste du code existant.

Description du projet, objet de la plus récente demande de bourse:

Stabilisation du code existant, ajout des fonctions XML et de capacités d’extensibilité (plug-ins)

Vu les nouvelles capacités d’accès réseau de macDerome, il n’y a plus qu’un pas à franchir dans la création d’une borne d’affichage automatisée, agissant dans des installations artistiques, comme un afficheur autonome, un lien TCP/ip à distance.

Le protocole XML fait depuis quelque temps son apparition sur l’internet et sa forme est particulièrement bien adaptée à un usage d’alimentation d’un tel type de borne en texte, autant que du contrôle à distance de certains paramètres.

Certaines fonctions internes du logiciel communiquant dejà grâce à un protocole de mon cru et accidentellement très près du format XML, la stabilisation du logiciel verra ce protocole implémenté dans l’ensemble de l’interface, ouvrant la voie à une augmentation sur mesure des capacités du logiciel, sous la forme de modules d’expansion couramment appelés “plug-ins”.

Une bonne partie du code pourra à ce point être déléguée à d’autres expérimentateurs intéressés, selon le principe “open source” où ceux qui le désirent ont accès à la publication des fonctions et des paramètres du logiciel. Un collectif virtuel et ad-hoc de programmeurs spécialisés peut ainsi contribuer concrètement à des améliorations ou à des additions au code principal du logiciel. Les premières applications de ces modules d’expansion permettront probablement de raffiner les possibilités du scriptage, du contrôle automatique (via différentes interfaces, telles: le midi) et de la possibilité d’ajouter de nouvelles formes de transitions entre les séquences.

L’intégration de ces nouveaux systèmes, en plus de la réécriture de certains éléments-clés du programme principal, viendront stabiliser l’ensemble, qui pourra alors constituer ce qu’il est convenu d’appeler une version de distribution du logiciel, ou macDerome V.1.0.

Quelques réflexions sur la potentialité d’un mauvais usage de certaines fonctions stroboscopiques nous ont aussi amenés à déterminer que cette copie verrait certaines de ces capacités réduites, lorsque distribuée comme partagiciel. L’utilisation de la version complète sera donc réservée aux seuls chercheurs et artistes qui acceptent de signer une entente de protocole expérimental, sous réserve d’une éthique d’utilisation. Le possesseur d’une telle copie d’expérimentation pourra, en outre, voir son droit d’expérimentation révoqué unilatéralement, s’il était déterminé qu’un usage abusif soit fait du logiciel.

Finalement, comme REALbasic™ est un langage extrêmement flexible, je compte rendre les versions disponibles simultanément en français et en anglais.

Entre Montréal et Marseille, recherche et résidence
Plusieurs centres européens offrent des ressources multidisciplinaires et technologiques aux artistes en visite. Cependant, peu offrent une combinaison d’axes de développement, combinée à une approche transdisciplinaire telle que proposée par le CYPRES.
Leur site Web (http://www.lafriche.org/cypres) et leur documentation jointe à la suite de la Section B3, détaillent d’ailleurs très bien les principaux axes de cette exploration qui correspond presque point pour point avec mes propres intérêts artistiques. La résidence à ce centre, bien qu’un choc culturel, ou peut-être même à cause de ce fait, s’est d’ailleurs avérée des plus productives à tous les points de vue.

Marseille, outre un métissage culturel bienvenu offre en plus un ensemble complet de ressources pour la partie recherche mon projet (voir Section B3). Après 4 mois sur le terrain et deux présentations/performances réalisées là-bas, il nous été possible de trier sur le volet les techniciens, fournisseurs et spécialistes compétents (et parfois difficiles à trouver) qui sont souvent nécessaires à ces explorations, qui incorporent souvent différente techniques scénographiques.

Ce centre est aussi situé au sein d’un immense complexe nommé LaFriche la Belle de mai et occupe les immeubles de l’acienne compagnie Seita, une superficie de plancher de plusieurs milliers de mètre carrés, avec des plafonds atteignant parfois 15 mètres du sol.

Incontournable à Marseille, cet organisme, géré par Système Friche Théâtre et parrainé par l’architecte Jean Nouvel est aussi reconnu à travers l’Europe pour le nombre (plus de 200 productions différentes sont passées par ses locaux l’an dernier) et l’audace des projets de recherche artistique qu’elle met de l’avant.

De par son implication continue au sein de la collectivité Marseillaise, “La Friche” offre donc un environnement culturel particulièrement riche et inspirant. C’est aussi un endroit idéal pour le développement de productions artistiques à caractère expérimental qui nécessitent des locaux de grande taille, facilement aménageables et des ressources humains à des prix comparables à ceux de Montréal. Un atout important en Europe!

De plus, le centre est stratégiquement placé à proximité de Sofia Antipolis. Cette technopole (une des rares digne de ce nom en Europe) offre de nombreuses ressources spécialisées en informatique et regroupe plusieurs sièges sociaux et centres de recherche d’importantes entreprises technologiques. Parceque situé à proximité géographique des pays arabes et africains, La Friche est aussi reliée au projet Euroméditérannée dont le siège se situe d’ailleurs à Marseille.

L’équipe du CYPRES étant spécialisée dans les échanges transdisciplinaires, la force de ce centre se situe justement dans qualité et la richesse des ses réseaux de contacts, ainsi que dans l’ouverture de ses collaborateurs. Le nombre impressionnant de relations établies pendant mon séjours (dont plusieurs supportent le projet macDerome) démontrent à quel point ma dernière résidence là-bas fut aussi une excellente occasion de faire rayonner notre culture, en plus de favoriser les échanges de savoir technologiques. Seulement quelques mois après notre retour, des représentants du CYPRES et de LaFriche sont passé à Montréal, sur nos recommandations, pour y effectuer une visite éclair du Marché International du Multimédia, de la SAT, du Complexe Ex-Centris et de PRIM et les projets futurs semblent bien augurer. Je compte bien y apporter ma propre contribution...

Plusieurs des ces partenaires sont d’ailleurs en train d’évaluer la contribution qu’ils comptent apporter au projet, ce qui permettra d’augmenter l’équipement disponible et, si possible, encouragera l’élaboration d’événements impliquant macDerome. Nous attendons des engagements fermes de leur part d’ici trente jours.

Finalement, le fait que la version prototype macDerome V.ß.3.0 y ait connu un développement aussi rapide est la preuve tangible que mon séjour au CYPRES a permi de finaliser une étape cruciale du développement de mon logiciel, à l’abris des regards indiscrets et hors du milieu montréalais où il est parfois difficile de trouver la tranquilité et la concentration nécessaire au développement de programmes informatiques.

Événement de présentation autour du logiciel
Si le développement du projet le permet, nous comptons cette année répondre aux appels à projet qui nous ont été présentés par différents festivals d’art médiatiques à Montréal, Paris, Monaco et possiblement à Belfort en France. Nous évaluons aussi présentement la possibilité d’un passage à l’institut STEIN de Hollande pour aller y développer certains aspects de la connectivité midi du logiciel. Le poète montréalais Lucien Francoeur a aussi exprimé un grand intérêt pour ce logiciel.

Lors de mon passage, j’ai été heureux de constater que des liens profonds unissent nos deux cultures portuaires et urbaines, montréalaise et marseillaise. J’ai aussi eu le bonheur de découvrir et d’être chaleureusement accueilli par de nombreux artistes locaux, en plus de travailler plus précisement avec l’un d’entre eux, M. Erik M. Cette collaboration a pris la forme d’un work-in progress incorporant macDerome et devrait résulter en un spectacle autonome au printemps 2002.

De plus, comme Synergie explore avant tout via l’art public, il est fort possible que nous testerons a Marseille certaines fonctions du logiciel, au fur et à mesure de l’évolution du projet. Ces “tests” pourront prendre la forme d’événements ponctuels, musicaux ou non, ouverts aux Marseillais qui seront curieux de participer à certaines étapes du processus (diffusion sur des places publiques, dans des marchés, etc...). Il est important de noter toutefois que cet élément facultatif du projet sera ou non entrepris à notre discrétion et ne fait donc conséquemment pas partie des objectifs, ni du budget de la présente demande.