Démarche artistique et principes de loeuvre
Synergie et les mots
Né dun désir de présenter des oeuvres dart dans des contextes publics, le plus possible hors des lieux traditionnels de présentation (galeries, musées), le pari était et reste de réinsérer lart au sein des occupations quotidiennes de nos contemporains.
Dans cet esprit, le projet Synergie implique de maintenir un équilibre, depuis maintenant 5 ans, entre la diffusion d'oeuvres dans les événements de type "raves" et de nombreuses collaborations avec des artistes du monde de la danse, du théâtre, de la musique, des arts contemporains et des médias.
Dès les débuts du groupe, nous avons cherché à intégrer le texte au sein de lexpérience multi-sensorielle que constituent plusieurs des événements auxquels Synergie participe. Le défi était de taille si lon considère lintensité de lensemble des stimulants visuels et auditifs avec lesquels le texte doit sintégrer lors de tels événements.
Dun groupe formé à lorigine de Jimmy Lakatos, Yves Labelle et moi-même, Synergie sest transformé en projet dartiste multimédia.
Ces deux dernières années, jai pris à ma charge le fonctionnement et la plupart des activités de réalisation de ce projet, en minspirant de la vision initiale véhiculée par le groupe.
Démarche personnelle
Depuis les débuts de cette prise en charge, le projet a continué dimpliquer un grand nombre de collaborateurs venant de tous les horizons, dans la philosophie dinter-pollination qui est au centre du principe de la synergie, telle que mise en pratique dans ce projet. Ce concept est dailleurs emprunté au respecté scientifique et philosophe américain: M. Buckminster Fuller qui prédit que lassemblage de certains systèmes, selon des arrangements précis, provoque des résultats dont la somme nétait pas prévisible au stade initial par le comportement de chacun des éléments pris individuellement, ou, selon le Petit Robert, laction coordonnée de plusieurs organes, association de plusieurs facteurs qui concourent à une action, à un effet unique.
Lors de ces collaborations, jai été amené à développer une expertise au niveau du de l'utilisation du texte, dans le cadre de performances et de présentations multimédia. On a, entre autres, pu voir certaines de ces réalisations lors des pièces de théâtre Oestrus du groupe Momentum et Poor Superman au Théâtre de Quatre Sous.
Jai aussi travaillé avec quelques artistes en danse contemporaine tels que la troupe The House of Pride, Mariko Tanabe, Dominique Porte, Josée Tremblay et plusieurs autres.
Il ma aussi été donné loccasion de faire des conférences sur le sujet, à linvitation du département de français du C.É.G.E.P. du Vieux Montréal.
Des études en arts à lUniversité de Montréal, avec le sculpteur Pierre Granche, mont permis de redécouvrir mes outils de production artistiques sous un nouveau jour.
Cette expérience ma ainsi permi de découvrir un nouvel aspect du travail de lartiste, celui du concepteur doutils. Pas nécessairement dans le sens dun artisan pour qui il sagit dune occupation quotidienne, mais bien dans le but de résoudre un problème précis rencontré dans la pratique, ou parfois, dans la réalisation dune oeuvre en particulier.
Plus fascinant encore est le fait que ces outils nous survivent et peuvent dépasser le cadre de notre propre pratique, pour rendre des services comparables à dautres.
Cest pourquoi le logiciel macDerome découle aussi dun intérêt personel pour le développement doutils informatiques et pour leur ergonomie, dans le but de faciliter la spontanéité des interactions avec la matière, dans ce cas, le texte, ce qui en général, a pour conséquence dencourager une exploration créatrice de celle-ci.
Outre sa fonction originale, il est aussi intéressant de questionner au passage la supposée neutralité de contenu de ces-dits outils.
Le besoin de nouveaux outils pour pousser cette recherche plus avant
Chaque collaboration artistique implique un travail avec différents logiciels existants. Hors, il arrive souvent que ceux-ci ne soient pas assez flexibles, rapides ou quils nintègrent tout simplement pas les caractéristiques recherchées, comme la possibilité de travailler en réseau.
Dans le cas qui nous préoccupe, les membres originaux du groupe Synergie étaient particulièrement friands de poésie et de littérature, nous nous sommes rapidement heurté à un problème concret dans le cadre de nos performances, qui à lépoque critiquaient entre autres, linfluence des médias.
Nous avions besoin doutils qui nous permettaient dintégrer lunivers de lécrit au reste de nos performances musicales et vidéo.
Comme Marshall MacLuhan lavait prédit bien des années auparavant, cest en détournant une technologie existante que nous sommes arrivé à nos fins. Linterface primitive dun logiciel de sauvegarde décran nous permi dimproviser rapidement de courts messages, poèmes et commentaires, puis de remixer en direct le signal résultant au reste de nos sources vidéo. Cette découverte essentielle, déclencha le reste du projet macDerome.
Le reste de lhistorique des expériences et prototypes qui ont succédé à cette découverte initiale est documenté en détail dans Historique des versions antérieures, que vous trouverez dans les pages suivantes.
Le nom du logiciel provient de Bernard Derome, célèbre lecteur de nouvelles radio-canadien. Il se veut un clin-doeil à ce personnage de linconscient collectif Québécois, sinon Canadien. Sa réputée neutralité et le fait quil soit de fait un outil de lappareil dinformation canadien, en font aussi un personnage incontournable de mon infosphère personnelle et un ambassadeur idéal, par correspondance à certains des principes qui sous-tendent mon logiciel.
La programmation
MacDerome est un logiciel un peu spécial car il a été construit sur mesure, par ajout de fonctions selon les besoins, au fur et à mesure des performances où il a été utilisé. Chacune de ces performances est un banc dessai pour les fonctions intégrées à la suite des besoins constatés lors de performances précédentes. Les utilisations concrètes de macDerome lors dévénements constituent pour moi des preuves de passage des concepts et technologies employés. Cest alors loccasion dinaugurer des oeuvres incluant les nouveaux processus et fonctions du logiciel qui, rappelons-le, sont en général développés pour répondre à des besoins spécifiques rencontrés lors de la production de mes propres travaux et parfois, de ceux dautres artistes, comme vous pourrez le constater plus loin.
Cest aussi une façon créative et adaptive de développer un logiciel qui sassimile plus à la construction dune installation ou dune sculpture (voir lettre de référence de M. Alain Bergeron en annexe), quau développement très structuré dun logiciel commercial, dont la majorité des fonctions sont établies bien avant le développement, au moyen dordinogrammes et de listes de spécifications. Le même souci dinteraction créative est apporté à linterface même, qui va au-delà des fonctions utilitaires dun logiciel conventionel.
Plus le développement dun outil savère une entreprise complexe et laborieuse, plus il mapparaît pertinent que celui-ci soit réutilisable dans dautres projets ou par dautres artistes, à plus forte raison lorsquil sagit dun logiciel, distribuable rapidement et presque gratuitement aux quatres coins de la planète. Cest pourquoi, depuis ses débuts, le projet MacDerome sert aussi à explorer les différents canaux de distribution numérique. Des tentatives de distribution via le site Web de Synergie ont donc déjà été entreprises. Il nous est cependant rapidement apparu que sans un passage de ce logiciel, du stade de prototype à celui de copie de distribution, il deviendrait rapidement impossible dassurer un support quelconque aux artistes qui choisiraient de lutiliser.
À ce jour, deux bourses du Conseil des Arts et Lettres du Québec et une bourse du Conseil des Arts du Canada mont permis davancer le projet jusquà la version intitulée macDerome ß.3.0.
En plus de démontrer la faisabilité et lutilité dun tel programme, ces étapes ont permis de développer des prototypes plus ou moins opérationnels que jai testés dans certaines de mes performances expérimentales. Certains éléments du matériel visuel joints à cette demande montrent dailleurs le logiciel, tel quutilisé lors dun événement qui a attiré plus de 20 000 personnes. MacDerome était alors utilisé par M. Jean-Hugue Roy, collaborateur régulier et parrain officieux du logiciel. M. Roy est en effet le premier candidat à avoir essayé chacune des versions.
Le fait que ses reportages lui aient déjà valu de nombreux prix journalistiques et littéraires est en soi une qualité importante pour la personne qui désire tester ce logiciel en profondeur. M. Roy est aussi un testeur émérite, très familier avec linterface de la plupart des logiciels sur le marché, pour les avoir testés dans le cadre des ses fonctions à lémission Branché. Jajouterai, pour ceux qui ne sont pas nécessairement familiers avec cette émission, quelle est présentée hebdomadairement par la chaîne dÉtat et vise justement à passer en revue lensemble des différents produits et services reliés aux technologies numériques.
La présente demande vise donc la consolidation du fragile prototype de ce logiciel, dans le bu de le transformer en outil plus robuste. Cette seule caractéristique le rendra accesible à dautres utilisateurs avec un minimum defforts nécéssaire à lapprentissage.
Recherche et réalisation entre Montréal et Marseille
Plusieurs centres européens offrent des ressources multidisciplinaires et technologiques aux artistes en visite. Cependant, peu offrent une combinaison daxe de développement, combiné à une apprbvoche transdisciplinaire telle que proposée par le CYPRES.
Leur site web détaille dailleurs très bien les principaux axes de leur exploration qui correspondent presquent point pour point avec mes propres intérets. La résidence à ce centre sest dailleurs avéré des plus productives à tous les points de vue, et cest pourquoi nous comptons bien retourner la-bas pour y continuer le développement du logiciel. Une activité qui constitue aussi une excellent occasion de faire rayonner la culture canadienne dans le monde, en plus de favoriser les échanges de savoir technologiques et culturels.
De plus, le centre se trouve à proximité de Sofia Antipolis. Cette technopole (une des rares digne de ce nom en Europe) offre de nombreuses ressources spécialisées en informatique et regroupe plusieurs sièges sociaux et centres de recherche dimportantes entreprises technologiques.
La version prototype macDerome V.b.3.0 est la preuve tangible que mon séjour au CYPRES, a permi de finaliser une étape cruciale du développement de mon logiciel, hors du milieu montréalais où il est parfois difficile de trouver la paix et la concentration nécessaire au développement de programmes informatiques. Mais surtout, jai pu y établir des contacts qui supportent aujourdhui mon projet et moffrent, outre un métissage culturel bienvenu, un ensemble complet de ressources, autant pour la partie recherche que pour la partie réalisation de mon projet.
Événement de présentation du logiciel
Finalement, au chapitre de la diffusion, jai pu constater de que fortes ressemblances unissaient nos deux communuatés et il mest apparu évident que certains artistes locaux, avec qui il marrive souvent de travailler, ne pourraient que bénéficier dune exposition à cet environnement de création et de production très particulier.
Historique des versions antérieures
macDerome V.ß.1.0
La version initiale de MacDerome sest inspirée dexpérimentations avec un simple logiciel de sauvegarde décran dordinateur. Celui-ci permettait décrire du texte et de le faire défiler sur une sortie auxiliaire vidéo dun ordinateur Macintosh. Cette source vidéo était ensuite intégrée aux autres (magnétoscopes, caméras, etc.) à laide dun mélangeur vidéo, puis projetée sur les écrans. Le résultat étant ce quil est maintenant convenu dappeler un scratch-vidéo, bien que plusieurs autres utilisations en ont aussi été faites.
Comme il était difficile dajuster constamment la taille du texte composé dans le séquenceur, en fonction de la taille et de la forme de lécran de projection, jentrepris donc de voir sil était possible de développer un logiciel qui résoudrait ce problème.
Les logiciels multimédias tels Macromind Director furent rapidement écartés à cause de leur manque de stabilité et de rapidité. Cest alors que jai découvert un langage de programmation nommé FutureBASIC qui me permettait de développer une application Mac, en BASIC, un langage que je connaissais dejà bien. La compilation du code écrit dans cet environnement de programmation rendait les temps dexécution comparable à ceux du C++. Lévolution de ce langage dans une forme procédurale le rapprochait aussi de la flexibilité et de la fiabilité du Pascal.
En tant que spécialiste de la plateforme Macintosh, je réussis à programmer rapidement une première version, une ébauche de macDerome v.ß.1.0. La première caractéristique du logiciel fut donc danalyser les textes entrés à même linterface (sur un moniteur auxiliaire) puis, à laide dune routine complexe, doptimiser automatiquement la taille de celui-ci en fonction des caractéristiques de la surface de projection, telles que déterminées au démarrage par lutilisateur.
À ma connaissance, aucun autre logiciel ne dispose dune telle fonction. Celle-ci compte à elle seule, pour une grande partie de la rapidité et de la flexibilité dutilisation de macDerome.
Une bourse du Conseil des Arts et Lettres du Québec ma été accordée à ce point pour le développement de la version ß1.0. Celle-ci a vu le jour en février 97, après 6 mois de programmation.
Cette version fut alors mise à disposition comme partagiciel, sur le site Web de Synergie (http://www.synergie.org).
Grâce à cette esquisse et aux expériences de diffusion du groupe, dautres possibilités du logiciel sont rapidement apparues.
Par un séquençage des phrases et leur découpage en mots ou en lettres, ainsi que par le contrôle de la vitesse de défilement, il devenait possible dajouter la notion de cinétique au sens littéraire du texte affiché à lécran. Un processus similaire à lexpérience du décodage du texte imprimé, tel queffectué par le cerveau. Phénomène qui fut subséquemment observé plus en profondeur par différents artistes et chercheurs, tel M. Olivier Sorrentino, à lUniversité du Québec à Montréal.
Par le contrôle des différents attributs du texte (police et tailles des caractères, couleur de fond et de texte, alignement vertical et horizontal, modes de copies, etc...), il devenait aussi possible de travailler en temps réel sur laspect graphique du texte.
MacDerome devint une sorte de programme de mise en pages dynamique, dont le paramétrage des différents attributs pouvait se faire en temps réel et surtout, en relation cinétique ou rythmique avec son contexte de présentation.
macDerome V.ß.2.0
Lutilisation de MacDerome lors de la pièce de théâtre Oestrus, de la troupe Momentum, a permis de raffiner le logiciel plus avant. Il devint ainsi possible de contrôler plus finement chacun des paramètres, pour chacune des phrases entrées dans le séquenceur.
Cette version permettait aussi doutrepasser les paramètres individuels de chaque séquence. Cette fonction met à la disposition de lutilisateur des moyens globaux de composition rapide et dimprovisation qui s'avèrent très utiles lors de performance en direct . Grâce à ces nouvelles fonctions, il devenait ainsi possible de jouer du texte tel un instrument musical joue des notes et des accords.
Cette étape a aussi permis de réaliser le prototype de la version ß.2.0 de MacDerome qui a nécessité plus de 1000 heures de programmation. Elle contenait plus de 10 000 lignes de code écrit en FutureBASIC.
Développement des capacités TCP/IP de macDerome et résidence au CYPRES (Centre Interculturel de Pratiques Recherches et Echanges Transdisciplinaires) de Marseille, France.
Une demande de bourse a été présentée à lautomne 98 pour ajouter une composante essentielle à la version existante.
Loccupation de régisseur/performeur lors de plusieurs spectacles étant déja suffisamment complexe, il métait presque impossible de composer en direct un texte inspiré, tout en essayant de contrôler simultanément les paramètres cinétiques et esthétiques du texte.
Lajout de capacités réseau à macDerome devait donc permettre à lutilisateur principal de porter son attention la où elle est la plus utile, tout en permettant à un apport littéraire provenant dun ou de plusieurs collaborateurs.
Baptisé macDerome v.ß.3.0. Cette nouvelle version du logiciel a été développée lors dune résidence dune durée de 4 mois et demi (de février à juin 2000) au centre CYPRES.
Cette résidence ma permis de développer une toute nouvelle version de macDerome, basée sur les principes ayant fait leurs preuves dans les versions antérieures, mais avec un code entièrement réécrit dans le but de tirer profit de plusieurs nouvelles fonctions.
Comme le langage FutureBASIC ne permettait plus de développer efficacement les nouveaux modules nécessaires et apportait toutes sortes de nouvelles contraintes, lélaboration de ces modules, représentait en fait:
- la réécriture entière du code principal du logiciel en REALbasic: une nouvelle forme plus évoluée et plus rapide du langage BASIC, que celle employée par FutureBASIC. Ce transfert dun environnement de programmation à un autre, ne permettant pas de réutiliser lancien code, REALbasic présentait tout de même le plus grand avantage demployer une structure orientée objet, ce qui ma permis de développer des modules et des classes basées sur les principes qui avaient déjà fait leurs preuves dans les versions antérieures,
- limplémentation de 5 protocoles de transmission numérique de linformation: TCP/ip, AppleShare, AppleEvents et des modules eMail incorporant des clients POP3 et SMTP,
- la création dans le même langage de programmation dune nouvelle application/client destinée aux collaborateurs et nommée Nouvelles du Front v.ß1.0.
En tout, plus de 500 heures de programmation ont déjà été réalisées dans ce centre spécialisé, où il nous a aussi été possible détablir de nombreux contacts avec différents partenaires potentiels.
De façon tout a fait anecdotique, mais tout de même reliée, mon utilisation tellement intense des capacités de cet environnement de programmation durant mon séjour là-bas, ma valu de figurer au générique ce logiciel américain, dans le menu À propos de REALbasic, sous la rubrique special thanks :)
Grâce a ce projet une toute nouvelle version prototype de macDerome a vu le jour en juin dernier. Celle-ci permet a des utilisateurs situés sur un réseau local (LAN) ou à distance (comme sur linternet), de collaborer, en temps réel et de façon collaborative à lélaboration du texte présenté.
Linterface du logiciel a aussi été entièrement redessinée de façon à permettre une meilleure ergonomie et à intégrer harmonieusement une centaine de nouvelles fonctions et procédures au reste du code existant.
Description du projet, objet de la plus récente demande de bourse:
Stabilisation du code existant, ajout des fonctions XML et de capacités dextensibilité (plug-ins)
Vu les nouvelles capacités daccès réseau de macDerome, il ny a plus quun pas à franchir dans la création dune borne daffichage automatisée, agissant dans des installations artistiques, comme un afficheur autonome, un lien TCP/ip à distance.
Le protocole XML fait depuis quelque temps son apparition sur linternet et sa forme est particulièrement bien adaptée à un usage dalimentation dun tel type de borne en texte, autant que du contrôle à distance de certains paramètres.
Certaines fonctions internes du logiciel communiquant dejà grâce à un protocole de mon cru et accidentellement très près du format XML, la stabilisation du logiciel verra ce protocole implémenté dans lensemble de linterface, ouvrant la voie à une augmentation sur mesure des capacités du logiciel, sous la forme de modules dexpansion couramment appelés plug-ins.
Une bonne partie du code pourra à ce point être déléguée à dautres expérimentateurs intéressés, selon le principe open source où ceux qui le désirent ont accès à la publication des fonctions et des paramètres du logiciel. Un collectif virtuel et ad-hoc de programmeurs spécialisés peut ainsi contribuer concrètement à des améliorations ou à des additions au code principal du logiciel. Les premières applications de ces modules dexpansion permettront probablement de raffiner les possibilités du scriptage, du contrôle automatique (via différentes interfaces, telles: le midi) et de la possibilité dajouter de nouvelles formes de transitions entre les séquences.
Lintégration de ces nouveaux systèmes, en plus de la réécriture de certains éléments-clés du programme principal, viendront stabiliser lensemble, qui pourra alors constituer ce quil est convenu dappeler une version de distribution du logiciel, ou macDerome V.1.0.
Quelques réflexions sur la potentialité dun mauvais usage de certaines fonctions stroboscopiques nous ont aussi amenés à déterminer que cette copie verrait certaines de ces capacités réduites, lorsque distribuée comme partagiciel. Lutilisation de la version complète sera donc réservée aux seuls chercheurs et artistes qui acceptent de signer une entente de protocole expérimental, sous réserve dune éthique dutilisation. Le possesseur dune telle copie dexpérimentation pourra, en outre, voir son droit dexpérimentation révoqué unilatéralement, sil était déterminé quun usage abusif soit fait du logiciel.
Finalement, comme REALbasic est un langage extrêmement flexible, je compte rendre les versions disponibles simultanément en français et en anglais.
Entre Montréal et Marseille, recherche et résidence
Plusieurs centres européens offrent des ressources multidisciplinaires et technologiques aux artistes en visite. Cependant, peu offrent une combinaison daxes de développement, combinée à une approche transdisciplinaire telle que proposée par le CYPRES.
Leur site Web (http://www.lafriche.org/cypres) et leur documentation jointe à la suite de la Section B3, détaillent dailleurs très bien les principaux axes de cette exploration qui correspond presque point pour point avec mes propres intérêts artistiques. La résidence à ce centre, bien quun choc culturel, ou peut-être même à cause de ce fait, sest dailleurs avérée des plus productives à tous les points de vue.
Marseille, outre un métissage culturel bienvenu offre en plus un ensemble complet de ressources pour la partie recherche mon projet (voir Section B3). Après 4 mois sur le terrain et deux présentations/performances réalisées là-bas, il nous été possible de trier sur le volet les techniciens, fournisseurs et spécialistes compétents (et parfois difficiles à trouver) qui sont souvent nécessaires à ces explorations, qui incorporent souvent différente techniques scénographiques.
Ce centre est aussi situé au sein dun immense complexe nommé LaFriche la Belle de mai et occupe les immeubles de lacienne compagnie Seita, une superficie de plancher de plusieurs milliers de mètre carrés, avec des plafonds atteignant parfois 15 mètres du sol.
Incontournable à Marseille, cet organisme, géré par Système Friche Théâtre et parrainé par larchitecte Jean Nouvel est aussi reconnu à travers lEurope pour le nombre (plus de 200 productions différentes sont passées par ses locaux lan dernier) et laudace des projets de recherche artistique quelle met de lavant.
De par son implication continue au sein de la collectivité Marseillaise, La Friche offre donc un environnement culturel particulièrement riche et inspirant. Cest aussi un endroit idéal pour le développement de productions artistiques à caractère expérimental qui nécessitent des locaux de grande taille, facilement aménageables et des ressources humains à des prix comparables à ceux de Montréal. Un atout important en Europe!
De plus, le centre est stratégiquement placé à proximité de Sofia Antipolis. Cette technopole (une des rares digne de ce nom en Europe) offre de nombreuses ressources spécialisées en informatique et regroupe plusieurs sièges sociaux et centres de recherche dimportantes entreprises technologiques. Parceque situé à proximité géographique des pays arabes et africains, La Friche est aussi reliée au projet Euroméditérannée dont le siège se situe dailleurs à Marseille.
Léquipe du CYPRES étant spécialisée dans les échanges transdisciplinaires, la force de ce centre se situe justement dans qualité et la richesse des ses réseaux de contacts, ainsi que dans louverture de ses collaborateurs. Le nombre impressionnant de relations établies pendant mon séjours (dont plusieurs supportent le projet macDerome) démontrent à quel point ma dernière résidence là-bas fut aussi une excellente occasion de faire rayonner notre culture, en plus de favoriser les échanges de savoir technologiques. Seulement quelques mois après notre retour, des représentants du CYPRES et de LaFriche sont passé à Montréal, sur nos recommandations, pour y effectuer une visite éclair du Marché International du Multimédia, de la SAT, du Complexe Ex-Centris et de PRIM et les projets futurs semblent bien augurer. Je compte bien y apporter ma propre contribution...
Plusieurs des ces partenaires sont dailleurs en train dévaluer la contribution quils comptent apporter au projet, ce qui permettra daugmenter léquipement disponible et, si possible, encouragera lélaboration dévénements impliquant macDerome. Nous attendons des engagements fermes de leur part dici trente jours.
Finalement, le fait que la version prototype macDerome V.ß.3.0 y ait connu un développement aussi rapide est la preuve tangible que mon séjour au CYPRES a permi de finaliser une étape cruciale du développement de mon logiciel, à labris des regards indiscrets et hors du milieu montréalais où il est parfois difficile de trouver la tranquilité et la concentration nécessaire au développement de programmes informatiques.
Événement de présentation autour du logiciel
Si le développement du projet le permet, nous comptons cette année répondre aux appels à projet qui nous ont été présentés par différents festivals dart médiatiques à Montréal, Paris, Monaco et possiblement à Belfort en France. Nous évaluons aussi présentement la possibilité dun passage à linstitut STEIN de Hollande pour aller y développer certains aspects de la connectivité midi du logiciel. Le poète montréalais Lucien Francoeur a aussi exprimé un grand intérêt pour ce logiciel.
Lors de mon passage, jai été heureux de constater que des liens profonds unissent nos deux cultures portuaires et urbaines, montréalaise et marseillaise. Jai aussi eu le bonheur de découvrir et dêtre chaleureusement accueilli par de nombreux artistes locaux, en plus de travailler plus précisement avec lun dentre eux, M. Erik M. Cette collaboration a pris la forme dun work-in progress incorporant macDerome et devrait résulter en un spectacle autonome au printemps 2002.
De plus, comme Synergie explore avant tout via lart public, il est fort possible que nous testerons a Marseille certaines fonctions du logiciel, au fur et à mesure de lévolution du projet. Ces tests pourront prendre la forme dévénements ponctuels, musicaux ou non, ouverts aux Marseillais qui seront curieux de participer à certaines étapes du processus (diffusion sur des places publiques, dans des marchés, etc...). Il est important de noter toutefois que cet élément facultatif du projet sera ou non entrepris à notre discrétion et ne fait donc conséquemment pas partie des objectifs, ni du budget de la présente demande. |